Magazine Loi sur le divorce et droit de la famille (Témoignage)

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L’appui d’un grand-père

Roland est le grand-père comblé d’un jeune garçon. Mais si ce dernier semble heureux à l’école et dans sa vie, il est au cœur d’un divorce difficile entre ses parents. Et Roland en est convaincu : s’il n’avait pas eu les finances pour aider son fils, l’histoire de son petit-fils aurait pu ne pas tourner aussi bien. (1)

 

Camille HARPER

Quand le fils de Roland s’est marié, c’était le parfait coup de foudre. Mais lorsque le couple est devenu parent d’un petit garçon, de graves problèmes de santé mentale maternelle ont vite eu raison d’eux.

« La vie était devenue impossible, raconte Roland. Alors mon fils a demandé le divorce. Il voulait cependant que la garde de son fils soit partagée. Ayant lui-même vécu la perte de sa mère quand il était jeune, il ne voulait pas de cela pour son fils. »

Malgré la demande du père, l’instabilité de la mère de famille a poussé le juge à trancher contre la proposition et à donner la garde exclusive au père, en attendant que la mère puisse se soigner.

Le procès au tribunal a duré plus d’un an. Résultat : une note de frais « faramineuse » selon Roland, qui a toutefois pu soutenir son fils tout au long du processus.

« Heureusement!, s’exclame-t-il. Ça représentait plus d’un an de salaire de mon fils, qui n’avait pas accès à l’aide juridique. Si on n’avait pas eu l’argent nécessaire pour l’aider à payer l’avocat, il aurait probablement perdu son emploi, son domicile, et mon petit-fils se serait retrouvé dans une situation très dangereuse.

« Pour moi, c’est évident que si on n’avait pas été là pour aider, le système aurait perdu un enfant. Quand on n’est pas la mère ou la famille de la mère, il faut avoir beaucoup de moyens pour pouvoir faire valoir ses droits. La Loi est très partiale pour les mères. » (2)

Après la décision du juge, la mère a fait quelques visites hebdomadaires supervisées, puis elle a disparu de la vie de son enfant. Aujourd’hui, ce dernier ne semble pas souffrir de traumatisme de sa petite enfance, mais « ça pourrait ressortir un jour », prévient son grand-père.

Par ailleurs, Roland a connu un autre couple victime d’un divorce dans lequel le père n’a pas pu faire valoir ses droits.

« Alors qu’il travaillait à l’étranger, sa femme a changé tous les cadenas et a refusé qu’il revienne au domicile familial. Il lui était impossible de voir ses enfants, et la justice n’a rien fait. Même son avocat lui disait que ses droits de père étaient très limités dans ce cas. »

 

(1) Les noms ont été changés pour préserver l’anonymat de la personne qui a accepté de témoigner, à sa demande.

(2) La nouvelle version de la Loi sur le divorce, entrée en vigueur le 1er mars 2021, bien après ce cas de divorce, prône une plus grande équité de reconnaissance entre les deux parents lors d’un divorce.

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